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Auteur Fil de discussion: Rwanda, sur la piste des grands singes  (Lu 23089 fois)
seawind
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« Répondre #30 le: 25 Février 2009 à 09:29:00 »

Jour 8 :
6h30 qg de l'ORTPN nous sommes prêt. Les gardes sont encore en Briefing.

106 :


Florence ne rêve que d'une chose le Suza group, Félix lui ne nous l'a pas garantis mais est très confiant de l'obtenir. Nous retrouvons une personne du staff issue aussi des formations de Durell a Jersey comme florence. Nous discutons donc un peu et à la question " vous savez ou vous allez ? " nous glissons innocemment " le suza on espère ! ".
Et on recommence à attendre. Les gardes terminent leurs briefing le responsable vient voir les guides privés, discutions animées, Félix revient vers nous tout sourire (mais il est toujours comme ça aussi ! ) :" C'est bon vous avez le Susa ! ".
Flo explose de joie moi c'est pareil mais j'intériorise.
Un groupe géant et une belle marche pour y aller que rêver de mieux. Mais on reste sur le cul quand on voit arriver nos américains de la veille eux aussi pour le Susa. Car si le Hirwa est à 20mn de marche, le Suza est réputé éloigné et difficile d'accès (en général 3h de marche). 2 françaises nous accompagnent aussi cette fois ci.

107 :


Re briefing avec les gardes comme la veille, puis 50mn de voiture et nous voila au point de départ. Bon aujourd'hui on ne joue pas, ça peu être long et haut donc on prend chacun un porteur pour les sacs et la colonne s'ébranle, toujours encadrée par un militaire armé à chaque extrémité.
Une des américaine demandera quand même naïvement " do they have bullet in their guns ? " Bha non bien sûr c'est juste pour le décor !
Au bout d'un quart d'heure nos américaine affichent déjà des mines déconfites et s'arrêtent régulièrement. Le guide les encourage et nous les rassurons aussi mais le mauvais temps monte et nous sommes quand même un peu inquiets. La perspective de faire la visite sous la pluie car on aura dû attendre nos boulets ne nous amuse pas.

108 :


La montée continue donc à petite allures avec de fréquentes pauses. A ce train nous aurions pû garder nos sacs mais bon …

109 :


1 bonne heure plus tard nous sommes au mur et apercevons furtivement 1 cercopithèque à diadème (golden monkey).

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Rebriefing sur les contraintes une fois dans le parc, comme le guide n'est pas très à l'aise en français et que nous avons déjà eu le briefing la veille on aide un des guides à le faire en français aux 2 françaises nous accompagnant.
On passe le mur, franchissons assez vite un bois de bambous dense et progressons dans les herbes hautes.

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20mn plus tard, comme la veille une effluve vient caresser mes narines. Sans bien connaître l'odeur du gorille je l'aurai manquée cette fois ci, mais elle est bien là. Pour m'enlever tous doutes les trackeurs apparaissent déjà.

Le Suza sera donc facile aujourd'hui ! Comme la veille on pose les sacs, récupérons notre matériel et suivons le guide. On débouche sur une petite clairière ou assise au soleil, comme nous attendant, sommeil Dufatanye et son bébé d'un an environs. On est à 5m et j'ai l'air malin avec mes 2 longues focales ! Mais bon l'instant est fragile et je ne peux me résoudre à risquer un changement d'objectif et perdre ainsi quelques précieuses secondes. J'espère juste que flo, fera quelques plans larges pour compléter mes portraits serrés.

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Mes bras tremblent sous le 300mm et je dois m'accorder quelques secondes de récupération émotionnelle. Nous mitraillons 5mn jusqu'à ce que, lassé, elle s'en aille retrouver ses amis en nous passant à 3m.
Le petit nous observe attentivement de ses deux petits yeux couleurs d'ambre.

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Les guides nous entrainent alors vers un dos argenté isolé. C'est le n :4 et dernier dans la hiérarchie des dos argenté du groupe. Contrairement à leur cousin des plaines de l'ouest plusieurs dos argenté peuvent coexister dans un même groupe. Il y a une hiérarchie et la plupart du temps un lien de filiation entre eux. Un groupe de 41 individus ne peut conserver sa cohérence qu'avec plusieurs mâles pour en assurer la sécurité et la stabilité. Et nous verrons plus tard que, avec les jeunes, ils ne doivent pas être de trop à 4 pour gérer ce joyeux bazar Sourire

Petit anecdote en passant, à l'époque ou le gorille Digit est assassiné par des braconniers dans les années 70 et ou son groupe se désintègre (consécutivement aux attaques répétés des braconniers) Diane Fossey indique, dans son livre, qu'une des femelles émigre ensuite vers un petit groupe marginal de quelques individus du coté de la rivière Susa. 30 ans plus tard ce petit groupe marginal peu observé alors est devenu le plus important du massif.

Nous restons 5 ou 10 mn avec ce dos argenté qui nous ignore royalement en continuant à manger et en choisissant attentivement chaque poignée.

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Puis les guides nous entrainent sur la pente, on pénètre dans un bois de bambous très dense en suivant une femelle.
Là le guide s'arrête dans une espèce de caverne dans les bambous. Je suis en fin de colonne je vois mal mais il y a des gorilles absolument partout. Vu le lieu je suis persuadé qu'on ne va pas rester compte tenu de l'exigüité donc je patiente ou je suis. Mais rapidement le dernier guide me fait avancer et asseoir juste devant et là c'est purement indescriptible.

6 à 8 individus jeunes et juvéniles jouent dans tous les sens sous les yeux de 2 ou 3 femelles. Ca court en tous sens, ça nous passe à moins d'un mètre, les plus agés font de petit display avec les bambous que déjà ils brisent facilement compte tenu de la section. Certains frappent le sol en passant avec des branches, par moment ça se dispute un peu, bref ça pétille de vie.
Le milieu est clos, aucune possibilité de recul pour nous. Cela dure … je ne sais pas 10 ou 15mn comme cela.

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Un ou deux juvéniles s'enhardissent et viennent taper les jambes d'un garde et ça joue de plus belle. Coté photo c'est l'horreur pas de lumière du tout, grande proximité et ça bouge de partout mais je m'en fous comme de l'an 40, je mitraille mollement sachant le résultat plus qu'incertains mais surtout, surtout je profite.
Et là c'est le drame Sourire
Depuis un moment l'excitation est monté d'un cran. Je fais très attention à mes dragonnes et appareils car dans l'excitation si un jeune s'en saisit en passant ça risque de ne pas être amusant du tout.
Et j'ai l'œil dans le viseur quand je sens plus que je ne vois quelque chose se préparer à ma gauche. Très proche ça prend son élan vers nous, un juvénile sans aucun doute mais je n'ai pas le temps de vérifier. D'un geste rapide je baisse l'appareil sur mes genoux, ramasse la courroie et baisse la tête attendant je ne sais quoi.
Et ça ne loupe pas !
Un juvénile s'est élancé à 3 ou 4 mètre, passe en courant et m'assène au passage une bonne baffe sur la tête. Emotions dans notre groupe et moi je suis mort de rire intérieurement en me disant " ha le petit salopiot, il m'a eu ! " et je m'empresse de rassurer tout le monde " it's ok ! it's ok no problem ! ". Je ne pense à ce moment là qu'a une chose égoïste : " pourvu qu'on ne parte pas.
Le petit fourbe se tient à 3 mètres, ou il s'est arrêté en fin de course, et me regarde avec l'air taquin qu'ils savent si bien prendre, fier de sa petite attaque éclair.
Les minutes suivantes, la raison revient et je suis inquiet, s'ils s'enhardissent trop on va devoir partir, déjà là je pensais les limites atteintes. D'ailleurs bientôt une petite dispute éclate entre 2 juvéniles. Rien de méchant mais ces 4 boules de poils agitées et vocalisant fortement qui nous passent devant sont un rien impressionnantes quand même.
Sur la vidéo j'entendrais, à posteriori, les guides répéter " don 't worry, don't worry " en boucle, tandis qu'un autre répète, en boucle aussi, une vocalise d'apaisement.
A peine quelques secondes après le début de ce petit accrochage, alerté par les cris, Kurira le dos argenté dominant du groupe, apparaît d'un seul coup au milieu des bambous. Les protagonistes se séparent immédiatement mais l'agitation demeure malgré tout. Lassé par ce joyeux bazar, Kurira finit par partir assez vite.

Nos guides sont toujours confiants apparemment et on ne bouge toujours pas.
5 minutes plus tard mouvement à ma gauche, exclamations des américaines, je regarde et là un second dos argenté arrive. Tranquillement, avec assurance il vient s'asseoir juste devant nous à 2M grand maximum. Sans geste de stress ou de tension Nyagakangaga nous détails méticuleusement tandis que les jeunes ont pris de la distance. Je connais l'importance du regard chez les gorilles, spécialement chez les dos argentés et devant l'imposant silverback je n'ai donc aucun effort à faire pour manifester mon humilité. Je baisse très ostensiblement la tête et l'observe à la dérobée en évitant très soigneusement de le fixer plus de quelques secondes.
J'entends le guide répéter derrière " take picture ! "
Oui … bha si ça te dérange pas je vais attendre un peu hein !
-" Il n'y a sans doute aucun risque mais je ne tiens pas à ce qu'il y ait la moindre équivoque entre lui et moi Sourire "
Il restera là jusqu'à la fin nous tournant finalement le dos. Les autres ont pris du champ et ça joue plus mollement.
Un moment j'essai d'estimer la distance entre lui et moi et finis par conclure " c'est simple, je m'allonge par terre d'où je suis, je le touche ! "

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Comme hier, bien trop vite à notre gout le guide annonce " last minutes ". Bon je vais avoir un problème. 40 minutes par terre les jambes repliées et je suis totalement ankylosé et au moment de partir j'aurais besoin de l'aide du guide pour me relever ne souhaitant pas particulièrement trébucher et tomber sur notre amis Nyagakangaga qui se tient toujours à moins de 2 mètres.

Quelles expériences ! Si hier nous avons vu les gorilles aujourd'hui nous étions avec eux. A chaud il est peu de dire que nous sommes sur un petit nuage. A froid le souvenir reste purement fantastique et exceptionnel mais teinté d'une certaine inquiétude. En effet s'il y a une distance de sécurité théorique de 7m à respecter avec les gorilles c'est avant tout pour des raisons sanitaires. Les gorilles sont vulnérables aux infections et maladies des hommes (rhumes, etc). Et leur vie communautaire rend la propagation au groupe, une fois un individu contaminé, quasiment systématique.
Hors les 2 fois cette distance n'a jamais été respectée, et les 2 fois nous étions dans une situation ou le terrain ne nous permettait pas de reculer pour la respecter.
L'an dernier le Susa group à connu une série d'infection pulmonaire importante qui a touché presque tous le groupe et même obligé les " gorilla doctors " à endormir une femelle et son bébé afin de les soustraire 24h au groupe et leur prodiguer des soins nécessaire. Opérations à haut risque pour tout le monde.
Le problème est donc très réel. Le lendemain nous avons appris que ma " mésaventure " avait fait l'objet d'une attention particulière au briefing des gardes. Peu être pour souligner la nécessité de les approcher plutôt dans des milieux ouverts permettant du recul si nécessaire.

Nous retrouvons les trackeurs, nos sacs, et commençons la descente sous une petite pluie qui bien vite s'accentue. Mais alors qu'est ce qu'on s'en fout de cette pluie maintenant Sourire Après ça, un des volcans aurait pû se réveiller que ça n'aurait pas décroché le sourire de nos visages.
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vahine
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« Répondre #31 le: 25 Février 2009 à 10:42:53 »

Tous ces portraits.... Pure merveille  J'aime J'aime J'aime J'aime


Ils ont l'air... Si doux !!! Embarrassé , et leur regard tellement plein d'humanité  J'aime

Cela doit vraiment être inoubliable quand on les rencontre !!!
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« Répondre #32 le: 25 Février 2009 à 10:47:40 »

Magique  J'aime
Je reste émerveillé en lisant ce compte-rendu.
Une expérience fantastique à n'en pas douter, qui doit rester ancré au fond de soi pendant longtemps.

Cela donne vraiment envie d'y aller.

Franck
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seawind
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« Répondre #33 le: 25 Février 2009 à 11:01:17 »

> Ils ont l'air ...si doux !!!
Ils n'ont pas l'air, ils le sont.  De prime abord leur gabarit trompe complètement sur leur nature profonde. Certes par moment ça peu aller au conflict ouvert et direct mais dans l'ensemble tous est un jeux d'intimidation. La force brute est utilisée en ultime recours.

> Cela doit vraiment être inoubliable quand on les rencontre !!!
Je confirme Sourire C'est assez indescriptible de partager à ce point leur vie pendant quelques minutes.

> Une expérience fantastique à n'en pas douter, qui doit rester ancré au fond de soi pendant longtemps.
Tellement que l'on ne pense qu'a y retourner et faire plus de groupe Sourire Va juste falloir manger des pates un bon moment ! Sourire
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« Répondre #34 le: 25 Février 2009 à 11:24:34 »

Alors là ! chapeau bas Mooosieur !
Superbes clichés et commentaires si précis qu'on tremble et retient son souffle avec toi !
Que dire d'autre , sinon BRAVO !
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Gilles
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« Répondre #35 le: 25 Février 2009 à 18:33:02 »

Un grand merci Sebastien pour ton récit qui transmet parfaitement ton émotion et bravo pour les photos (impossible de choisir).

Superbe  J'aime

Bon maintenant je suis sûr que c'est une expérience à vivre, pour nous aussi des pâtes au menu  Grimaçant.

Gilles
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« Répondre #36 le: 25 Février 2009 à 21:32:17 »

Attention, les pates ça fait grossir et après on peut plus grimper la montagne  Tire la langue

Un régal que ces portraits, bravo  Yes  J'aime
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« Répondre #37 le: 25 Février 2009 à 21:36:49 »

Le Rwanda... C'est toujours avec beaucoup d'émotions, que je lis les lignes, absorbe les photos, qui content ce pays. Embarrassé Embarrassé
Je prends mon temps... L'esprit s'évade tellement loin...
Un pays, plein de richesses et de contrastes…

Ces rencontres avec les gorilles sont fabuleuses...  J'aime De superbes expressions capturées.
L'Hirwa groupe et le grand Susa.

Les observer, les voir évoluer... Se prendre une tape par-ci (fripon de petits), s'incliner devant le dos argenté, s'émerveiller devant ces femelles... Des moments intenses qui resteront longtemps en mémoire (et pas que sur les cartes).

J'ai ri pour l'expression relative au rapide mouvement de dominos. Grimaçant

Merci

Simba
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Point besoin de porter la crinière, pour croquer la latérite afin qu'elle coule dans mes veines.



Si vous appréciez un commentaire constructif sur vos photographies.... Les autres aussi… Merci.
Ombrette
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« Répondre #38 le: 25 Février 2009 à 23:32:07 »

Une expérience inoubliable à n'en pas douter.... Merci de partager ces émotions intenses avec les COWpains.

Les portraits sont top !  J'aime J'aime

Un rêve à mettre au début de la longue liste des destinations futures : maybe en 2010...

Pour finir une pensée pour tout ceux qui s'engagent à la préservation des grands singes.

Ombrette
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"Si les grands animaux disparaissent, l'homme mourra certainement d'une grande solitude de l'esprit"
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seawind
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« Répondre #39 le: 27 Février 2009 à 09:39:56 »

C'est certains que, pour qui aime, les primates, le Rwanda (ou l'Ouganda) est une destination a faire quitte à manger des pâtes un moment Sourire Et je vous souhaite vraiment de découvrir ces cousins extraordinaires.

Allez dernier épisode.


Dernier jour :
Nos reprenons l’avion ce soir mais nous tenions à monter au site de Karisoke voir la tombe de Diane Fossey.

Lever de soleil sur le Karisimbi et Bisoke :
135 :


Lenticulaire sur le Karisimbi
136 :


6h30 donc de nouveau au briefing à l’ORTPN nous attendons un guide et nous sommes  franchement nostalgique en voyant les autres personnes attendre « leur » groupe gorille. En plus il y a peu de monde et le groupe Susa aujourd’hui sera visité par une seule personne !
40mn de voiture et nous voila au pied du Volcan Bisoke. Pour le dernier jour on reprend des porteurs il faut 2 heures pour monter en principe mais bon on se la joue tranquille.

137 :


On rentre dans le parc et sommes accueillit par le son assez proche d’un chest beating. Les gorilles ne sont pas loin Sourire difficile de rêver mieux pour se mettre dans l’ambiance et remonter au temps ou le centre était actif.
Nous découvrons le « parking » du centre (en fait juste une petite zone dégagée que la végétation ré absorbe) ainsi que l’ancien poste d’accueil. Puis nous commençons l’ascension.

138 :


Le terrain est boueux, comme je n’ai pris qu’un paire de chaussure je fais attention … Enfin … au début ! Il a plu cette nuit, c’est franchement glissant et il y a des déjections de buffles sauvages tous les 3M.

139 :


A mi monté ça sera dans cet état là :

140 :


A la descente ça sera 4 fois pire Sourire

C’est une trail emprunté par les buffles et très rarement des éléphants de forêt, le sol est donc défoncé. Le garde armé de tête part devant, histoire d’assurer la montée précisément contre les buffles sauvages potentiellement très dangereux. Et notre guide, qui se prénomme aussi Félix, nous raconte la fois ou, ici même, 2 scientifiques se sont retrouvés nez à nez avec un buffle descendant à bonne vitesse la forte pente dans la boue, situation fort dangereuse et fort peu engageante Sourire

La forêt change, les orties géantes apparaissent et nous découvrons que cela perce nos pantalons épais.

141 :


La forêt telle que l’ont décrite Fossey et Schaller dans leurs livres se révèle enfin. Nous regrettons amèrement gants et guêtres que nous avions prévue pour les gorilles mais faute d’utilité les 2 jours précédents avons déjà enfermés dans les valises.

Un vers de terre hors gabarit Choqué)

142 :


A chaque étape Félix, nous raconte histoires et anecdotes concernant Fossey. Tous deux connaissons déjà le caractère ambigü et contesté du personnage mais mettre des images et des sensations sur cette histoire est pour nous précieux.
Petite pause puis on repart vers Karisoke laissant derrière nous (avec regret et envies) le chemin menant en haut du Bisoke et son lac de cratère.

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147 :


Nous croisons alors une colonne de gens descendant avec des ballots de végétation sur la tête. Et apprenons qu’a Kinigi les « gorilla doctors » ont en charge actuellement 7 jeunes gorilles orphelins (dont 2 de montagne). Pour les nourrir ils vont donc chercher des végétaux. Pas loin au début, mais les prélèvements concurrençait la ressource pour les gorilles sauvages.
Donc, logiquement, ils vont maintenant dans les zones ou ils ne sont pas pour éviter cette concurrence. Aujourd’hui du coté de Karisoké donc, 1000m de dénivelé 4 heures de marche dans la boue et les orties géantes et nous éprouvons alors une admiration sans bornes pour ces gens capable d’aller chercher au fin fond de la forêt, et quotidiennement, de quoi alimenter ces petites boules de poils à l’avenir bien incertains.

Un panneau (d’époque) dans un arbre, enfin nous y sommes.

148 :


Nous sommes pressés par le temps du fait de l’avion le soir donc ont fait (3 fois hélas) assez vite.
Le site nous surprend par sa taille (1 ha environs). Lové sur un plat entre le Karisimbi et le Bisoke la végétation y est plus clairsemée et on comprend sans mal le choix du site. Felix nous rappel au passage que Diane Fossey a fabriqué le mot Karisoké en contractant le nom des 2 volcans encadrant le camp (karisimbi et Bisoke).

149 :


150 :



Mais à des années lumière de ce que nous imaginions nous constatons qu’il ne reste absolument rien des installations. Tout juste l’empreinte au sol de certains murs. Là il y avait une station météo, ici un labo, là un terrain de volley ou locaux et étrangés se rencontraient toutes les semaines pour se « disputer » la charge de l’organisation du prochain repas de fêtes, mais aujourd’hui il n’y a plus que la forêt. Tout a été détruit, démonté, vendu durant la guerre. Seul une unique structure délabrée (le réfectoire) et mangée par la végétation subsiste encore.
L’atmosphère est lourde et désolée, nous ne nous attendions pas à cela. Puis au détour d’un bosquet : le cimetière.
 
Je sais que cela peu paraître ridicule mais c’est comme un coup de poing dans le ventre. Une série de croix en bois, des noms et des dates gravés dessus mais des noms de gorilles et surtout des noms que je reconnais, des noms d’individus d’ont a découvert et partagé la vie, le temps de quelques pages, dans le livre Diane Fossey.
Il y a aussi des noms inconnus, avec des dates récentes, les corps retrouvés sont toujours enterré là.

151 :


Et puis au fond la tombe de Diane Fossey.

152 :


A coté de Digit comme elle l’avait exprimé dans ses dernières volontés

153 :


Ces tombes placées là au milieu de nulle part, comme oublié de tous dans cette forêts m’impressionne beaucoup plus que je ne l’avais imaginé.
Pour compléter le tableau la pluie qui commençait à tomber depuis quelques minutes se transforme en déluge.
Pour ne pas trop réfléchir je me concentre à faire quelques images mais rapidement nous devons battre en retraite sous un petit abri récemment reconstruit pour les rares touristes de passages comme nous.
Silencieusement nous rangeons nos appareils, je tente un fix GPS afin de pouvoir positionner le site sur une carte mais toit en tôles, la pluie battante et la végétation l’en empêcheront. L’endroit gardera donc une petite part de mystère, perdu dans les brumes des volcans.
 
La redescente sera épique et teinté de tristesse. Au pas de charge sous la pluie à cause de l’avion le soir et sur un terrain rendu carrément liquide par l’averse. Je patauge jusqu’aux chevilles dans un petit ruisseau de boue et il n’y a plus rien à protéger coté chaussure.  Je tombe une bonne dizaine de fois dans les orties, mais bon finalement on s’habitue et je ne tente même pas d’utiliser de la sève de lobélia (pourtant abondant) et qui calme efficacement ces brulures.

L’après midi file, repas, valise, décrassage à l’arrache des chaussures totalement trempée que je ferais très partiellement sécher sur le sol de la camionnette rendu bouillant par la boite de vitesse surmené par un félix décidé à nous mener à bon port dans les temps.

Et voila nous sommes à l’aéroport alors qu’une part de nous n’est pas encore redescendu des ces monts brumeux peuplés de ces créatures magiques.
Et une seule question tourne dans nos têtes : « Quand reviendrons-nous ! »


Pour finir une image de Flo qui suffit à tous résumer je trouve :

154 :


Et voila, c’est finis, merci à ceux qui ont lu courageusement jusqu’au bout ce long carnet de voyage Sourire
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« Répondre #40 le: 27 Février 2009 à 11:04:19 »

Un carnet poignant, émouvant, passionnant, que j'ai relu aujourd'hui de bout en bout tant il m'a fasciné.
Rencontrer les gorilles, un rêve pour moi aussi après avoir lu Schaller et Fossey, qui se réalisera peut-être en 2010 ou 2011.

Merci de nous avoir fait partager tout cela, c'était fantastique, et la dernière photo  J'aime

Franck
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« Répondre #41 le: 27 Février 2009 à 11:59:41 »

Oui superbe carnet, merci du partage  Yes
On a tous envie maintenant  Marteau

Tes photos de lever de soleil sont terribles  Yes  Yes
Et bien sûr la der  J'aime  J'aime
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« Répondre #42 le: 27 Février 2009 à 14:05:47 »

Une bombe à émotion que ce magnifique carnet, toutes ces rencontres magnifiques que tu as si bien su partager.

Et de bien belles photos malgrès des conditions de prises de vue difficiles. Yes Yes Yes Yes Yes


Merci pour ce partage Sourire Sourire Sourire Sourire
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"La vie de safari a quelque chose qui vous fait oublier tous les chagrins de la vie et vous donne 24h sur 24, l'impression de boire du champagne.
On est pénétré de la reconnaissance la plus profonde pour le fait de vivre"
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« Répondre #43 le: 27 Février 2009 à 15:47:33 »

Magnifique  J'aime

Emue je suis de toutes ces rencontres avec les gorilles. Cela me rappelle les miennes du temps de Diane Fossey (que nous avions rencontré)

Cette nature est belle, mais aussi très fragile et puisse-t-elle longtemps encore être préservée.

De très belles photographies pour ce voyage et des rencontres qui resteront à jamais gravées, dans le coeur et l'esprit.

Merci
Gazelle

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« Répondre #44 le: 27 Février 2009 à 17:53:55 »

Cela me rappelle les miennes du temps de Diane Fossey (que nous avions rencontré)

Extra! Tu pourrais nous en dire un peu plus sur cette rencontre avec cette femme extraordinaire, mais qui a soulevé de nombreux débats.

Merci.

Franck
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