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Auteur Fil de discussion: Un chiroptère européen se nourrissant d'oiseaux migrateurs  (Lu 2729 fois)
eRey
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« le: 14 Février 2007 à 11:46:46 »

Hello,

Vu que ça concerne les piafs migrateurs qui vont passer l'hiver en afrique, je poste là la version parue dans un journal suisse (Le Temps). Pour les motivé j'ai la version scientifique et anglophone pleine de graphes en pdf, mp si vous êtes intéressés.

En espérant que je ne vais pas me faire taper sur les doigts pour avoir copier un article de journal dans un forum (comment ça se passe pour ça les modos ?)

Bonne lecture


"SOCIÉTÉ : Festin volant pour chauve-souris carnivore

Date de parution:    Mercredi 14 février 2007
Auteur:    Olivier Dessibourg

BIOLOGIE. La noctule géante, chiroptère rare, se nourrirait en vol d'oiseaux migrateurs. Un comportement inédit codécrit par un biologiste valaisan.

Comme si le voyage n'était pas assez pénible et dangereux... Au printemps et à l'automne, des milliards d'oiseaux entreprennent leur migration à travers l'Europe, confrontés aux vents contraires, aux tempêtes de sable ou au survol de régions inhospitalières (mer Méditerranée, Sahara). Et voilà qu'à ces périls s'ajoute, la nuit, une autre menace: la présence, patrouillant haut dans le ciel, d'une chauve-souris aux envies gourmandes inédites. Une équipe de chercheurs hispano-suisse apporte la preuve définitive que la noctule géante, plus grand chiroptère d'Europe, se nourrit de ces passereaux qu'elle parvient à attraper et à boulotter en plein vol! Une découverte, publiée aujourd'hui dans la revue PLoS ONE, qui montre l'opportunisme avec lequel certaines espèces agissent parfois pour évoluer.
La noctule géante (Nyctalus lasiopterus) est une chauve-souris rare et mal connue, d'une envergure de 45 cm et pesant jusqu'à 70 grammes. On la trouve surtout autour du bassin méditerranéen. Mais le mammifère ailé s'aventure parfois à l'intérieur du Vieux continent. En Suisse, il a été aperçu en 1962 et 1965 aux cols de Cou et Bretolet. Puis à nouveau l'automne dernier au goulet migratoire de l'avifaune qu'est le col de Jaman.
Chez les biologistes, le débat couvait à son sujet depuis des années. En 2000, une équipe italienne, puis des chercheurs espagnols, l'année suivante, font la même observation: dans 59 crottes de noctules géantes retrouvées par le premier groupe, et dans 14000 excréments glanés par le deuxième, sont retrouvées des plumes de passereaux (rouge-gorge, pouillot siffleur, etc.), parfois en quantité importante. Avec des pics d'abondance durant les périodes des migrations.
Emoi chez les spécialistes: la noctule géante serait-elle carnivore? Les chercheurs savaient que certains chiroptères vivant sous les tropiques capturent parfois des proies carnées (batraciens, oiseaux, poissons). Mais seulement si celles-là se trouvent sur des substrats, jamais en vol, comme ce serait le cas avec Nyctalus lasiopterus. Surtout, un tel régime alimentaire apparaîtrait comme révolutionnaire en Europe, où toutes les chauves-souris consomment exclusivement des invertébrés, surtout des insectes.
En 2003, deux biologistes de l'Université de Berne, le Valaisan Raphaël Arlettaz et Fabio Bontadina, mettent en question ces études. Selon eux, que l'on trouve des plumes dans les crottes de noctules géantes ne prouve pas qu'elles ont croqué un passereau. D'ailleurs, fait étonnant, aucun os d'oiseau n'est retrouvé dans les excréments. En fin de compte, ces chiroptères pouvaient tout bonnement ingérer de façon accidentelle des plumes flottant dans l'air, en les confondant avec des insectes à cause de la faible résolution de leur système sonar.
Pour tirer l'affaire au clair, l'équipe espagnole, emmenée par Ana Popa-Lisseanu et Carlos Ibañez, de la Station biologique de Doñana à Séville, et associée à Raphaël Arlettaz, se tourne vers la technique récente des «isotopes stables». Cette dernière consiste à analyser la quantité d'éléments chimiques ciblés dans des tissus d'animaux afin de déterminer leur position sur la chaîne alimentaire. Autrement dit: découvrir qui a mangé qui, ou quoi. Un an durant, les chercheurs se focalisent sur le carbone et l'azote, qu'ils traquent dans le sang de noctules capturées puis relâchées.
Résultats: «Les signatures isotopiques indiquaient un régime alimentaire strictement insectivore en été, mixte au printemps, et essentiellement carné (viande de passereau) en automne, car la migration est plus dense; en effet, ce sont à la fois les parents et leur progéniture, plus vulnérable, qui volent vers leurs quartiers d'hiver africains, résume Raphaël Arlettaz. C'est un élément de preuve bien plus fiable que les plumes dans les crottes.»
«L'aspect le plus spectaculaire est la capacité, unique à ce jour, de ce mammifère à capturer en l'air et de nuit un animal volant autre qu'un insecte», commente Pascal Moeschler, du Centre de coordination ouest pour la protection des chauves-souris, à Genève. Cette aptitude est probablement liée à sa morphologie: «Nyctalus lasiopterus a des ailes longues et étroites, d'où une manœuvrabilité de vol réduite.»
Raphaël Arlettaz aime la comparer à un grand voilier, qui vogue mieux dans des espaces dégagés que dans un volume encombré, de branches par exemple. «De plus, son système d'écholocation sommaire ne lui permet pas de détecter une proie à terre.» Si bien que tout plaide pour un mode de chasse aérien: «Les noctules géantes volent contre le vent, et attendent que passent leurs proies. Puis, elles les avaleraient en vol, bien que cela n'ait pas été observé directement.»
Expert du programme européen Eurobats de sauvegarde des chiroptères, le biologiste toulousain Stéphane Aulagnier souligne un autre aspect original: «Cette étude montre que ces chauves-souris peuvent faire preuve d'opportunisme» dans leur écologie alimentaire. «Lorsqu'il y a abondance d'une certaine nourriture quelque part, la nature - ici les noctules géantes - a vite fait de développer des systèmes pour profiter de cette nouvelle niche alimentaire, détaille Raphaël Arlettaz. C'est ce qui donne naissance aux cas de convergence évolutive: des espèces issues de lignées évolutives différentes adoptent des tactiques similaires pour tirer profit d'une telle manne.» Pour l'heure, «cela reste un cas isolé concernant les chauves-souris, tempère Pascal Moeschler. Mais ces recherches montrent que ces animaux fascinants, dont il existe plus de 1100 espèces, sont loin d'avoir révélé tous leurs secrets.»

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freefox
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« Répondre #1 le: 14 Février 2007 à 11:57:34 »

Voilà qui m'en bouche un coin-coin Choqué
Merci de nous faire part de cette news quelque peu singulière eRey Yes
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« Répondre #2 le: 14 Février 2007 à 18:02:42 »

Passionnant comme news, comme quoi on ne connait actuellement que peu de chose sur les oiseaux, les chiroptères et autres.......
Ce qui m'intrigue c'est pourquoi on ne retrouve pas d'os (de passereau) dans leurs crottes, elles font de pelotes de réjection Heuh?, elles ont des sucs gastriques tellement puissants qu'elles assimilent les os Heuh??
En tout cas merci Manu pour cette info  Yes  Yes

Bien à toi
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« Répondre #3 le: 14 Février 2007 à 18:33:40 »

Insolite et fascinant à la fois!  Yes
Comme quoi on est très loin de connaître tous les secrets du monde animal...
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hyena
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« Répondre #4 le: 14 Février 2007 à 19:58:07 »

Très intéressant  Yes

Merci!

Dommage qu'on ne puisse mettre une photo de la noctule européenne qui mange nos chers petits pioupiouts africains  Clin d'oeil
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eRey
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« Répondre #5 le: 14 Février 2007 à 20:48:48 »

Je dois avoir ça sur mon disque dur, mais la photo n'est pas de moi... En gros et en résumé, c'est le plus gros chiroptère européen (plus grand qu'un Grand Murin) dont on ne connait que quelques colonies plutôt placées en Espagne. Pour la Suisse, nous en sommes à 4 captures sur les cols de migration (dont une cet été, que je n'ai pas pu voir grrrrrr). Mais on ne connait pas grand chose des habitudes de cette espèce.

Pour l'autre histoire, le biologiste valaisan dont ils parlent est... Pas moi, mais mon prof qui m'a suivi pour mon diplôme  Grimaçant Grimaçant

Manu
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« Répondre #6 le: 14 Février 2007 à 20:52:15 »

Manu, tu connais les réponses à mes questions Heuh? (ou c'est dans ma lecture pour l'avion Heuh? Grimaçant)
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eRey
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« Répondre #7 le: 14 Février 2007 à 21:02:48 »

Oups, pardon,

Dans le premier article - en 2001 - ils relèvent justement qu'il n'y a pas d'os dans les crottes. Etonnant puisqu'on utilise les restes d'insectes présents dans les crottes pour se faire une idée du régime alimentaire des chiroptères. Donc pourquoi il n’y a pas d'os ? Je ne sais pas, mais ça va aussi faire partie de ma lecture dans l'avion. Il ne me semble pas qu'elles aient l'habitude de faire de pelotes, mais je sais qu'elles vont avoir tendance à ne pas manger les parties non comestibles. Si la proie est trop grosse ou peu commode à manger, elles vont se brancher (se suspendre) pour avaler l'insecte. Il arrive de tomber sur un tas d'ailes de papillons et dans ce cas on sait qu'un Oreillard (entre autre) est passé par là. Mais dans le même cas, les auteurs auraient dû retrouver les restes et en parler dans le premier article.

En gros, je n'ai pas de réponse à tes questions, je verrai si on trouve ça dans l'article.
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