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Auteur Fil de discussion: Terre de Teranga - Sénégal  (Lu 3059 fois)
Simba
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« le: 05 Avril 2006 à 18:24:18 »

LE DEPART

Tout a commencé avec la Saga « Sénégal Airways » …  Indécis
Octobre 04 : Un grand besoin de respirer (qui l'aurais cru!!!) et un peu à la bourre ...Pour booker mon voyage (dans 2 semaines) ...Je me rends de bonne heure (après une conférence de presse pour mon boulot) dans une agence de la ville ...
Je demande : "2  vols A/R pour le Sénégal  siouplait ! »
Pas le temps de laisser mon fessier longtemps sur la chaise, pour m'entendre dire : "Dsl tt est foul jusque au 31.10!" M****!! Mes congés sont prévus (je peux pas les déplacer : mission quasi impossible vu le tempérament de mon directeur "adoré"!) ...Hummmf, c'est vrai je m'y prends un peu tard ...Changer de destination, bof pas trop envie, depuis 2 jours je rêve déjà du Sénégal.

Je saute dans ma tuture ...il est midi ...je vais utiliser ma 1/2 h de table a courir les agences, histoire qu'on me confirme ou m'infirme la donne.

Je pousse donc la porte de la 2ème ...même discours : "2 A/R siouplait Pour Dakar" ...
La Demoiselle tapote sur son PC : même réponse : "tt est plein jusqu'au 31.10 au départ de Zaventem" ...A ma mine doublement déconcertée  Lèvres scellées...Elle me dit : "attendez j'ai entendu parler d'une nouvelle ligne au départ de Charleroi (ou Bruxelles Sud) vers Dakar ...
Hé hé! Bien sûr que j'attends! De pieds fermes même ...Elle passe un petit coup de fil et je l'entends s'exclamer tt naturellement : "Mais c'est génial" ... Mon coeur commence à pomper ... : Y a de la place - Mieux que ça!!! Sénégal Airways une nouvelle Cie offre un second billet à l’achat d’un premier. Je n’hésite pas une seconde …Je booke les vols (Ah l’aventure !)
La bonne affaire …pensais-je … Avant d’apprendre quelques jours avant mon départ que cette compagnie n'a pas d'autorisation pour décoller et atterrir au départ de la Belgique … Qu’à cela ne tienne …De nature optimiste je ne désespère pas !

Fin octobre 04 : Départ en principe de Charleroi ...On arrive relax et dans un premier brouhaha, on nous indique que finalement on partira de Paris CDG ...Aucune idée de l'heure, ni de la Cie (Hé oui ! Sénégal Airways ne volera pas ! mais les passagers eux sont bien là !) 2 cars sont là pour une centaine de passagers (moi qui déteste ça!) ...On grimpe, le premier (dans lequel j'embarque) démarre vers 11h45 ...l'autoroute à une allure de 80 à l'heure ...Ce qui à le don d'excéder certains passagers qui commencent à vociférer... Il s'avère ensuite que le 1er car attendait le second qui finalement nous à dépassé ...

Arrivée fracassante à CDG, 3 heures, plus tard ...Alerte à la bombe et impossibilité de pénétrer dans l'aéroport ...Une bonne h à prendre l'air et à se dégourdir les jambes! Le PDG de Sénégal Airways est là (apparition rapide et absence de communication aux passagers!) ...On se retrouve finalement au Check in ...Devant un écran qui indique : Dakar 14h45. Seul hic! Il est 16h30  Roulement d'yeux... Impossible d'obtenir des infos sur l'heure réelle du départ, ni sur la Cie .On enregistre les bagages ...et zou on passe douane et consorts!
On tue le temps avec un gars rencontré qui habite Dakar (et qui lui prends un vol régulier) qui nous file, son numéro de tél … Au cas où on serait en rade sur Dakar … Les rencontres entre voyageurs ça le fait quand même …très sympa à lui !

18h30 ...Ca y est on se trouve finalement dans un MD 82 de Jet X (Blue line) ...Un charter affrété spécialement pour l'occas ...les réacteurs vombrissants on nous apprend que nous allons sur Ténériffe (où l'on restera 1 h, fuel oblige!) ... La Saga se poursuit (que de l'eau de l'eau et de l'eau à boire, qu'il faut quémander!!!).

Arrivée dans un Dakar nocturne, coloré et chaud vers 2h00 du mat (h européenne - minuit h Sénégalaise) ...Hop embarquement dans un véhicule de transfert jusque Mbour ...Arrivés "esquintés" mais heureux d'être là à 5h du mat (3h h locale).
L’essentiel pour moi était de partir …et rien que poser mes pieds sur le tarmac de Dakar à suffit à effacer ces longues heures d’attente …
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« Répondre #1 le: 05 Avril 2006 à 18:27:41 »

SUR PLACE


Une première paupière s’ouvre après 4 heures de sommeil …
il est 8h00 du mat (heure locale) Je sens déjà le soleil percer au travers de la moustiquaire, j’entends le chant des oiseaux … j’ouvre la seconde, pressée de sortir du bungalow, ne fut ce que pour palper de plus près le bleu du ciel, sentir ce 1er contact qui se caractérise par une chaleur oppressante … la multiplicité des couleurs revêt les plus beaux atours des fleurs exotiques (hibiscus, bougainvilliers …), quelques agames grimpent sur le mur, j’entends le fracassement des vagues de l’océan Atlantique …

Salamaleikum … Aleikum Salam, j’y suis, on y est !   Embarrassé

Cette journée se déclinera sous les signes du farniente (c’est que le voyage de la veille fut plus long qu’un Cape Town-Paris, alors que le Sénégal n’est qu’à 5h30 de vol de la France) et de la découverte des premiers alentours …

Au dehors, première rencontre avec une villageoise de Saly : Jacqueline. Les gens ici sont d’une gentillesse incroyable, se saluer est tout naturel (Mon Dieu qu’on est bien loin de l’Europe et du pincement aux lèvres de ceux qui ont peur de louper leur métro dans la course au temps. Nous autres occidentaux avons une montre dans le ventre, mais ici le temps n’a pas de prise … Et c’est pour cela que je l’aime tant ce continent de latérite), bras dessus, bras dessous elle nous entraîne à l’entrée du village, sort de ses vieux sachets, son artisanat local qu’elle étale à grands coups de rire à même le sol Elle déplie son boubou et on prend place pour la première tractation de la bonne vieille technique du marchandage ….J’ai, un peu perdu la main  Tire la langue(moi qui connaît pourtant ces petits rouages) .Je me retrouve donc rapidement avec une multitude de bracelets et colliers en mains (aux couleurs du pays (vert, jaune, rouge) ou arborant le Kori (coquillage, première monnaie du Sénégal et super Gri-gri), sans pouvoir m’en défaire. De bonne grâce et toujours avec le sourire, je lui prends plus de choses que ce dont j’ai réellement besoin mais finalement qu’importe, puisque cela servira à une bonne cause : l’achat du riz pour le repas familial de ce soir. C’est qu’une majeure partie de la population Sénégalaise est musulmane et que le Ramadan a débuté le 15 de ce mois.

Deuxième et fabuleuse rencontre : Andala (originaire de Dakar, il vit actuellement à Saly). Grand et d’une élégance rare … Cet homme deviendra notre ami tant il est plaisant d’être en sa compagnie. Il dégage une telle simplicité et générosité.

Absorber ses paroles c’est comme boire un bon jus de Bissap (boisson à base de fleurs d’hibiscus). Humble et bien aux fait des réalités du terrain, c’est lui qui le premier nous fera découvrir son pays sous un regard différent (il nous parlera des conditions sanitaires (il est le représentant local de l’Association humanitaire ANTA (qui porte le nom de sa fille), de la vie du village, des travers de la station trop touristique de Saly Portugal …).

Comme bien des habitants de la petite côte, il vit principalement du tourisme (sacré guide local et vente d’artisanat).

Il nous entraîne au cœur du village, la nuit est tombée et chaussée de mes éternelles tongs, je sens la terre ocre (qui a pris toute la chaleur du soleil de la journée), pénétrer entre mes orteils … Je n’y vois pas grand chose, le village est à peine éclairé mais cette sensation physique du contact avec le sol m’apaise.  Sourire

Andala s’arrête près d’un Baobab (véritable symbole du Sénégal) et nous explique qu’avant la construction du dispensaire, les femmes accouchaient entre les énormes racines de ce géant, un pagne recouvrant le corps pour permettre un minimum d’intimité, le ventre couvert de beurre de Karité pour atténuer les douleurs afin de mettre au monde une petite frimousse couleur ébène.

Après avoir déambulé dans les diverses ruelles du village, on s’assied sur "le banc du bonheur" (comme ils l’appellent ici) au cœur de sa petite boutique. Au dessus de la porte moult Gri-gri (quoiqu’il en porte autant sur lui: aux doigts, au cou, au bras, à la ceinture … Véritable empreintes locales pour se protéger des mauvais sorts et pour rencontrer la chance et l’amour). C’est que les Marabouts (appelés aussi Serigne) sont légion au Sénégal. Il ne s’agit pas ici, comme vous vous en doutez du grand oiseau des marais d’Afrique, mais de ces hommes que les villageois consultent régulièrement pour se protéger des influences maléfiques ! A ne pas confondre avec les « Mara – bout – de ficelle », pseudo sorciers et petits escros !  Rire

Pour ma part, je suis parée, j’ai un Kori autour du cou !

On rencontre, plein de gens qui voyant « de nouveaux toubabs » (les tout blancs !) arrivent en masse pour faire connaissance. Bien que nous ne soyons pas français, la France est un sujet régulièrement évoqué lors des discussions (histoire oblige). "Quand la France à un rhume, c’est le Sénégal qui tousse !" nous dit un homme … A méditer !  Heuh?

L’artisanat d’Andala est magnifique et je craque complètement pour les 7 masques de la semaine. Il nous en explique les significations qui caractérisent bien la vie, comme elle se déroule au cœur de ses villages. Les masques Passeports sont superbes aussi (mais la bourse n’est pas extensible).Ils permettaient jadis de passer d’un pays à l’autre (Gambie, Sénégal, Mali etc …). De l’achat que l’on fera, une partie de la somme sera reversée directement dans la caisse de la communauté du village et servira à la scolarité des enfants et à l’équipement du dispensaire (bel exemple de solidarité !).

Le retour se fera par l’autre bord du village qui donne sur la plage, les pirogues des pêcheurs sont là, elles dorment paisiblement sous les lueurs de la pleine lune.
Un bon repas pour terminer cette première journée et surtout la découverte du Groupe musical de Xalaat (la pensée en Wolof )

Aaahhhh la reprise de Dibi Dibi Rek d’ Ismaël Lô quel régal … Je peux refermer mes paupières et rêver déjà à demain ...
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« Répondre #2 le: 05 Avril 2006 à 18:33:12 »

Le jour vient à peine de poindre son nez …Que nous sortons pour aller sur la plage à la découverte des coquillages. La marée a été généreuse aujourd’hui, elle en a ramené de bien beaux …roses pâles.  Clin d'oeil

Les pieds dans le sable, on se fait "accoster" par « Mama Dupont », elle engage la conversation avec aisance et détermination surtout, son sac d’artisanat à la main …Ca recommence ! Je le sens !!!

Elle nous amène à nouveau dans le village et commence à déballer le contenu de son sac (et grand le sac !) …Je lui dis simplement que j’ai déjà acheté ce qu’elle propose chez une autre villageoise la veille …C’est alors qu’elle me dit qu’elle a tant d’autres objets (persuasive, je vous dit !!!) dans sa "bitik" locale.
Seul hic, elle vient de paumer la clé de son cabanon … Aux grandes pertes, les grands moyens …Prince (un jeune du village) arrive et propose de défoncer la porte avec un marteau …Devant ce folklore local bien sympathique, je propose que l’on se retrouve au soir, à l’entrée du village … Ca me semble moins compliqué comme plan!   Souriant

La chaleur est déjà bien présente et je dégouline déjà, après ces péripéties matinales !!!

Juste le temps d’avaler quelques fruits exotiques (comme la mangue, la coco …Slurp!) de passer un coup d’eau sur le visage en sueur pour aller à la rencontre de Sidy (qui sera notre guide local pour la journée).

On embarque dans une caisse, digne des « tutures » africaines, déglinguées, pare-brise fêlé, pneus a moitié dégonflés, rétroviseur pété, sièges troués …  Tire la langue

On remonte vers Dakar …fenêtres, grandes ouvertes, pour couper le souffle chaud … On traverse les faubourgs de Mbour : ses étales de fruits, de légumes, de viandes qui pendent en jonchant la route. La route vient d’être refaite …le revêtement est nickel (et ça aide!!!)…

Sidy klaxonne à tout va quand piétons, chèvres, ou taxis brousses traversent la route sans demander leur reste …

Sidy est vraiment le gars de la pratique du « polé polé, avec lui pas difficile d’adopter la « cool attitude » … C’est ce qu’il nous faut.

On fait une première et rapide halte au monastère de Keur (chez en Wolof) Moussa. Il se situe sur la route de Kayar (à 50 km environs de la capitale) … Les chants grégoriens des moines sont accompagnés d’instruments traditionnels. Le Chœur de l’Eglise est décoré d’extraordinaires fresques qui font penser à de l’art Ethiopien.

Le soleil tanne et on profite de la température qui oscille entre les 35 et 40°C pour aspirer à grande bouffée la vent qui se dégagent des fenêtres (tout en ayant une pensée pour toutes ces personnes qui sont en pleine période de Ramadan et qui ne peuvent s’abreuver avant le coucher du soleil, Dur et gênant pour nous de sortir notre bouteille quand on sent le besoin de s’abreuver d’une gorgée d’eau ! Triste)

On se dirige à présent, vers le célèbre lac Retba (appelé aussi lac Rose …Sa couleur est due à une impressionnante concentration de minéraux … Sa forte teneur en sel fait de lui la seconde mer morte aussi (on y flotte les pieds en éventails !!!))

Sidy prend les choses en mains et nous dégote un 4 x 4, complètement "destroy" (rouillé à souhait, auquel il faut rajouter de l’eau toutes les 10 min …) pour découvrir les dunes où se termine le Paris-Dakar …Aahhhh le désert je l’ai tant et tant de fois survolé (lors de mes incessants A/R entre l’Afrique centrale et l’Europe) là je vais pouvoir le humer de près …

Changement de batterie, c’est que le matos est off  Lèvres scellées…et hop on embarque à l’arrière de l’engin avec Sidy …deux autres gars devant …Zou c’est parti … La route en terre est chaotique et j’adore cela (toutes ces bosses, ça me change de la monotone autostrade made in Belgium !).

On s’arrête aux environs de la récolte du sel …Les « locaux » se plongent dans l’eau jusqu’à la taille pour gratter le fond du lac et en récolter le sel qu’ils chargent dans une pirogue. Sur le rivage les femmes transvasent le sel sur des monticules … Chaque famille à son ou ses propres tas et ce sans que personne n’y vienne piquer ne fut ce qu’un seul grain !

Pas loin …les zébus sont là aussi … guidés par les Sérères (qui vivent de leur bétail mais aussi de l’agriculture. Ce sont des sédentaires à la différence des Peuls qui sont des bergers nomades)

Spectacle magnifique que cette eau rose, que ces tas de sel …que ses dunes qui se profilent au loin …

On y est …rien devant …rien derrière …juste la marque des pneus dans ce sable beige. Un Horizon de sable … On s’accroche ! C’est que le 4 x 4 ne ménage pas les dénivellations …Sidy s’amuse comme un petit fou …et sa bonne humeur est communicative, on s’esclaffe tous de rire …  Rire

Je demande que l’on s’arrête 2 sec juste pour toucher ce sable, celui là …Un des gars m’en rempli un sac entier …Une minuscule partie du sable du désert s’endort là sur mon bureau entre la terre ocre ramenée aussi …Comme si je conservais un brin de ce que j’aime (qui se trouve si loin de mon quotidien)

L’apothéose arrive quand le 4 x 4 remonte la dernière dune pour se retrouver face à l’océan atlantique (le contraste avec cette étendue infinie d’eau turquoise )…la plage est déserte (ici pas de tourisme) … On longe la côte sur quelques km …Que c’est beau ! Oh ! Comme c’est apaisant !!!

Heureux mais vannés …on croque un morceau (poulet et préparations aux oignons suivi d’un thé à la menthe) aux bords du lac rose.

Un vieux Monsieur qui ne fait pas le Ramadan (puisqu’il fume à Donf et s’enfile « gazelle sur gazelle » (c’est une des bières locales) nous fredonne au son de sa guitare rabibochée au papier collant des « Bienvenue Joli Monsieur, sage dame (suis pas sage moi pourtant! hé hé! Tire la langue) » … Atmosphère incroyable et tellement dépaysante …

Seul l’addition du repas cause un petit soucis pour le rendu de la monnaie (ici manque crucial de petites coupures) …A défaut de se voir rendre le solde …ben faut bien le laisser …

Quand on le quitte : le Lac Retba explose de reflets roses …le soleil est au zénith !

Je demande à Sidy de nous arrêter sur la route du retour à Noflaye (Keur Mbonatt-Yi village de réhabilitation des tortues) c’est que je l’avais repéré à l’aller et la grande « BB » qui sommeille en moi ne pouvait passer à côté … On tente ici de préserver l’espèce de la grande tortue d’Afrique (qui peut peser 100 kg) : la Sulcata.

Là aussi, comme en Afrique du Sud bon nombre de ce ces animaux sont rapatriés d’Europe ou redonnés par des particuliers (c bien joli quand ça pèse 40 gr …après c’est une autre histoire !!!) Autant vous dire que j’ai eu un chouia les nerfs quand j’ai vu des militaires français débarquer un spécimen de 80 kg !!!  Faché

Sur la route du retour, Sidy s’arrête et on embarque un de ses potes qui travaille à la réserve de Bandia …Un seul signe de la main et notre transport s’improvise taxi du coin …j’adore !

18 h…. je plonge dans l’eau …avec cette chaleur harassante je n’en peux plus …je m’octroie le luxe d’un petit cocktail alcoolisé aux fruits …hummm …c’est bon !

Juste le temps de siroter que le rdv avec « Mama Dupont » nous attend …Une parole est une parole …on s’est promis de se retrouver …Je ressort de l’entrevue …2 chameaux en tek à la main …ils iront très bien avec le sable des dunes ! Elle est dure en affaire la copine …Mais je commence à me refaire la main aussi, la tractation a donc pris un peu de temps … Mais qu’est ce que c’est bon de discutailler quand même …
Une dernière touche de Xalaat et au dodo …
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« Répondre #3 le: 05 Avril 2006 à 18:37:46 »

Aujourd’hui … Lever sur les chapeaux de roues ! C’est qu’à 8h00 « la gazelle » (c’est comme cela qu’on appelle les femmes là-bas) et le « gazou » embarquent pour descendre dans le Delta du Saloum.

Juste le temps d’une bonne douche, d’un rafraîchissant jus de Bissap que l’on part à la rencontre de Raphaël. D’une gentillesse et d’une patience incroyable, il nous accompagnera pour la virée en brousse.
On grimpe à l’arrière d’un pick up décapoté, cheveux au vent …

Sur la route qui mène à Mbour, tout en slalomant pour éviter les nids de poules (je dirais même d’Autruches tant la route est trouée de partout …Superficie et profondeur garantie), Raphaël nous montre toutes ses maisons en construction …Il en pleut véritablement de partout …avec juste les 4 coins posés au sol (il s’agit apparemment de terrains octroyés par le gouvernement … à utiliser (disons à rentabiliser) dans les 2 ans, faute de quoi il seront alloués à d’autres familles)

A quoi ressembleront les faubourgs de cette ville de pêcheurs dans 5 ans ? Une prolifération de béton certainement, entre les baobabs !  Heuh?

On dépasse le centre névralgique de Mbour pour aller pickuper 4 autres voyageurs  …
Le coin est très joli, perdu en pleine nature mais infesté de moustiques apparemment !
La communication s’engage de suite et on forme un chouette groupe, nous voilà donc 7 à l’arrière du véhicule …

On quitte la route principale pour rejoindre le Delta par l’intérieur des terres …Samba garantie sur les banquettes ! (Autant de fois le pet en l’air qu’assis ! hé hé !)  Grimaçant

La vue au départ des pistes poussiéreuses, sur les forêts de baobabs (jadis on inhumait les Griots au cœur des racines des baobabs) et de cocotiers est de toute beauté …

On fait une première halte auprès d’une termitière géante. On y restera pas bien longtemps …Un camion (qui emmène les touristes de TO fort bien connus arrive) …Une petite marée humaine d’une quarantaine de personnes casse un peu l’intimité.

La route est plaisante et la brousse dépaysante (comme je l’aime) … Et elle nous mène au cœur d’un village traditionnel et de la rencontre avec ses habitants …

C’est l’heure de l’école, toutes ces petites frimousses ébènes nous regardent de leur petites billes rondes … L’instituteur donne cours à deux groupes en même temps au sein de la même et unique pièce qui sert de classe. (Carence de lieu et manque d’effectifs).

Les petits n’écoutent plus le gd maître, ils sont davantage intéressés par notre venue … Je cède à une petite fille, le bracelet Grec que j’avais au poignet (il faisait partie d’un de mes nombreux voyage, il sera à présent au cœur de la brousse africaine et cette symbolique du voyage au travers le don d’un petit objet me plait).

N’empêche que là on comprend plus que tout que l’école là bas est une réelle chance et que tous n’ont pas la possibilité d’y aller (par manque de moyen des parents) alors que chez nous c’est un devoir et que plein de jeunes oublient et bousillent cette opportunité d’être scolarisé ! Pas le même monde …plus les mêmes valeurs non plus …Ca laisse pensif !  Choqué

On ne tardera pas trop pour ne pas perturber le rythme du cours …Le village est en face.

Une petite dizaine de cases rondes, le bol de mil, la réserve d’eau (je goûte aussi le pain de singe, fruit du baobab qui est l’imodium local contre le « rhume des fesses ») …

Chacun de nous partons à la rencontre de plusieurs habitants .JP et moi, craquons littéralement pour cette jeune femme et son petit pitchoune. On échange quelques mots sur la vie au cœur de ce village de brousse … Elle nous explique les conditions de vie rudimentaires mais simples et solidaires qui là rendent heureuse, loin d’une ville comme Dakar.

Une autre femme du village m’aborde, elle souffre de douleurs au ventre. Ici seul un cabanon sert d’infirmerie avec les moyens du bord … Je vide ma poche des quelques médocs que j’avais (antidouleur) et les lui donne ... Mais bon sang !!! A ce moment là, je me serais foutue une claque magistrale  Marteau, celle de ne pas avoir été faire la razzia à la pharmacie de mon quartier, avant le départ !!! Histoire d’emporter un stock qui ici aurait servi plus que tout ! Qu’est ce que je me suis sentie mal à ce moment là et promis d’évacuer une bonne partie du reste de ma pharmacie de voyage, avant de repartir !

D’autres apportent par contre, directement une contribution financière qui servira au centre de santé
C’est avec de nombreux petits papiers (adresses écrites ici et là) que nous repartons. Zorglub a quant à lui la « popularité » du petit papier, c’est lui qui en recueille le plus (en échange d’une carte postale, d’un colis de médicament, d’une paire de chaussures …)

N’empêche que cette rencontre m’a posé moult questions et quand j’entends ces gosses de rue, qui à la vue d’un « toubab » crient «cadeau cadeau » …je me dis qu'indirectement je viens, peut être de participer à cette dérive provoquée par le tourisme, ça me laisse un petit goût amer (j’ai tant à apprendre encore de la vie …j’ai tant à apprendre de ces gens là aussi …)

Arrivée à Ndangane pour explorer , en pirogue colorée, la mangrove du Saloum …Le soleil tanne et avec le reflet de l’eau, une protection solaire s'impose!

Quelques pêcheurs jettent ici et là, leur filet …

Hérons cendrés, aigrettes, pélicans, flamants roses, martin et aigles pêcheurs prennent leur envol où se calfeutrent au cœur des palétuviers. La nature est belle, calme …

On ne peux quitter cet endroit sans faire honneur aux crevettes (les « mange tout » car hormis la tête tout le reste s’avale !) et poisson de cette eau douce … Raphaël, partage notre repas (il est chrétien).

Le retour par la brousse nous apprend encore bien des choses …comme ses monticules de terre ici et là qui sont en fait d’anciennes tombes du peuple Sérère.

On déguste la coco verte qu’un enfant découpe à même le sol, on goutte les arachides …

La poussière virevolte, Il fait épouvantablement chaud …

Deux gamins qui gardent un troupeau de Zébu crient « de l’eau de l’eau » …D’un coup de main, j’attrape le réflexe local et tape nerveusement sur la carrosserie du véhicule pour signifier au chauffeur de s’arrêter Tous nous donnons ce qu’il nous reste comme bouteille d’eau … Ici, à 1000 lieues du « Royaume coca, soda and co ! » …l’eau prend toute la dimension vitale que l’on oublie.  Roulement d'yeux

De retour à Mbour, on quitte nos comparses (que l’on retrouvera dans la semaine) …Et Raphaël, JP et moi poursuivons sur le centre de Mbour. Cette ville grouille de monde, couleurs, cris …Ca bouge de partout!

Le spectacle de l’arrivée des pêcheurs est hallucinant. Multitude de pirogues, étale de poissons (du plus petit au plus gros !) et de coquillages à même le sol … Une vision d’une gigantesque marée humaine, c’est dingue ! Mbour restera véritablement un des grands moments de ce voyage !

Quelle journée …Mon Dieu quelle journée …C’est avec cette succession d’images que je tombe dans les bras de morphée, avant de découvrir celle qui m'attendra demain.
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« Répondre #4 le: 05 Avril 2006 à 18:42:26 »

Ce sont les vacances …Et pourtant pas question de flâner au lit …
je grappille chaque miette de seconde qui se déroule au dehors (je ne suis là que pour une semaine) et je ne peux restée calfeutrée au fond de mon chti plumard …tant j’ai envie, besoin aussi de mettre mes sens en éveil. Humer l’odeur de l’océan, ressentir la chaleur qui a déjà dissipé la rosée du matin, admirer cet oiseau multicolore …

Quelques pas en dehors du bungalow et une première rencontre avec un artiste local Dimé. Il réalise des tableaux avec comme matière première du sable et des brisures de coquillages : portraits de femmes pour la plupart. Je craque littéralement pour ce qu’il crée …Mon regard se pose sur un tableau qui représente simplement le foulard du Touareg. J’en devine les traits cachés …je ne peux décrocher de l’admirer. Allez JP steplait dis oui !!! (Je sais être persuasive comme Mama Dupont moi aussi ! Souriant)

Le long de la plage …on marche, à la recherche de ses coquillages roses nacrés (on a promis à nos 4 comparses belges de leur en ramener …leur bout de côte étant moins généreuse). Mais aujourd’hui la grande bleue n’a rejeté que des algues …

En se dirigeant vers Sally Portugal, plein de touristes sont déjà en train de crêpez de bon matin … Monokini même pour certaines (bien que je n’aie rien contre ce genre de bronzette ou d’exposition …cela m’a posé tout de même un petit problème. La population Sénégalaise est à 90% musulmane et j’ai trouvé cela totalement déplacé en cet endroit  Roulement d'yeux…Je ne livre ici que mon avis totalement personnel, je le précise !)

Une seconde rencontre avec un ébéniste (originaire de Mbour) …Il manie marteau, lime et scie avec autant de dextérité que son imagination. Hallucinante aussi sa manière de poser ce bois en tek sur ses pieds nus et de scier l’objet à même la peau !!! Scène de vie d’ailleurs époustouflante !

On reste bien 2h discutant avec cet artiste local et ses nombreux compatriotes …la séance du « banc du bonheur » se représente à nouveau et la technique du marchandage recommence …On y a laissé plus que le prix que nous estimions (mais finalement qu’importe …cet homme est là devant nous à travailler sans relâche et il crée de si belles choses) …

Plusieurs d’entre eux sont originaires de la Casamance (Enclavée entre la Gambie et la Guinée-Bissau, cette partie du Sénégal fait rêver par tout ce qu’elle a d’authentique) … Nous ne pouvons nous empêcher d’évoquer le terrible naufrage du Joola (26.09.02)   qui reliait Dakar et le Sud de la Casamance. La pire catastrophe maritime humaine qu’ai connu l’Afrique. Plus d’un millier de personnes ont perdu la vie pour cause d’un ferry bondé et surchargé … Un moment assez dur tant il est empreint d’une telle détresse 

« Au milieu de l'océan et de la nuit,
Dans le claquement du vent et
Le hurlement des vagues,
Par l'inconscience et l'insouciance qui nuit,
Hommes, femmes et enfants par grappes
S'enfoncent et s'endorment à jamais
Dans l'eau rageuse et froide,
Leur rêve brisé et leur destin dans leurs
Mains moites
Pour faire taire le peuple en légitime colère,
Ils développent des arguments de misère.
Nous crions jusqu'aux cieux
Notre détresse et notre désespoir,
Pour que jamais, plus jamais
Les paquebots ne se transforment en mouroirs ».

(Touré Kunda)


Difficile moment que celui là … La journée continue pourtant  Même si une partie de notre esprit reste accroché à cet échange.

Au cœur de Saly Portugal …c’est de la pure folie …Interpellés à chaque mètre que l’on fait. L’endroit est bien trop touristique  … Mais comme il est d’usage de ne pas refuser une invitation on se farci devantures mais aussi arrières boutiques. Ma tête me tourne …Chez les uns c’est le marchandage aux clopes, chez un autre celui aux tongs, un autre pour les pirogues de pêcheurs ! …Et puis le « coup à boire » à payer, comme ils disent …

Dans une arrière boutique …on se pose au calme de toute cette agitation … entourés de boubous multicolores …Ma voisine de banc propose de me faire la tête tressée à l’africaine. Je lui explique que je n’en souhaite que 2  Après un long échange …où j’obtiens gain de cause ( ) Là vlà qui pose ses petites « mimines » à une vitesse grand V sur ma crinière blonde … Un peu de beurre de Karité et hop le tressage prends forme … Stade ultime les perles (que je souhaite naturelles et non flashi !!!) …Un petit bout de ballon en guise d’élastique et l’affaire est dans le sac …Si ! Si, 2 me suffisent amplement !

On discute longuement de sa vie, du tourisme de Saly, de la Belgique aussi …
Avant de la quitter et après avoir comparé nos pointures qui coïncident, je lui laisse mes petites baskets blanches. Elle craque dessus et j’ai ma petite paire de tongs qui les remplacera sans problème.

Sur la route du retour, à la recherche d’un petit endroit pour casser la croûte … On se fait à nouveau aborder mais on résiste …Ma casquette et ma montre font l’objet de toutes les attentions. Je résiste et ne troc rien !

Au bord de la grande bleue, on se détend …et je savoure ces crevettes au sel. Un vrai délice.

Le soleil tape sec …Il est environs 14h00 … Retour au bungalow … A la recherche d’un peu d’ombre et un coup de fil à Andala (on convient de se retrouver au village vendredi) …

Mais, il nous faut retourner à Saly Portugal …Seul endroit où il y a le net et j’ai promis de donner des nouvelles à ceux qui me sont chers !!! Bon sang se refarcir la station balnéaire !  Non

Hop la longue marche reprend …de nouvelles interpellations aussi (qui vont jusqu’à la proposition du partage du tabac local … Poliment et avec le sourire, je réponds que je ne suis pas intéressée situant parfaitement de quel type de tabac il s’agit … Mais le gars insiste et droit au but me demande combien de gramme je souhaite ! Fermement je lui réponds que c’est toujours non !)

Petit Cyber et une ADSL qui fonctionne du tonnerre (1000 Francs CFA = 1,50€/h). J’ai une heure pour donner de mes news … JP en profite pour nous renflouer un peu (c’est qu’on est à sec … Les distributeurs fonctionnent parfaitement avec nos cartes maestro, pas besoin de carte de crédit !)

Après cette unique pause net (durant mon séjour) on reprend le long chemin du retour et ça recommence, interpellés ici et là …Saly Portugal est beaucoup trop touristique (avec les travers que cela comporte) et on commence un chouia à avoir les nerfs C’est certain, on n’y retournera pas, préférant de loin la quiétude du village de Saly et de ses habitants chaleureux !

On est claqué … Et un plongeon est le bienvenu … Température de l’eau avoisinant les 30°C …Quel bonheur …  Sourire

La nuit sera colorée, musicale et endiablée … On part à la rencontre d’une soirée sénégalaise

Quelles sont belles ces danseuses avec leurs colliers en Kori, leurs tresses africaines, elles dégagent une telle grâce dans la souplesse de leurs mouvements.

Les hommes séduisent par leur faculté et facilité de contorsionner leurs corps. Ca bouge dans tous les sens, danse effrénée …

Djembé, balafon. Qu’elles sont envoûtantes toutes ces sonorités de percussions. On entrerait bien en transe.

La sueur coule sur ses peaux ébènes … Bon sang qu’est ce qu’ils ont le rythme dans le sang !

Allongée dans mon lit, je me repasse ces images …
Au loin ce son du Djembé mais aussi le Joola … Trop d’émotions contrastées et diversifiées aujourd’hui.
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« Répondre #5 le: 05 Avril 2006 à 18:44:29 »

Raphaël est là dans on abacoste coloré, nos 4 comparses aussi …

Même Pick-up décapoté mais pour une autre découverte celle fois : La réserve privée animalière de Bandia. (A une cinquantaine de km de Dakar, plus à l’intérieur des terres, elle se situe sur la route menant à Mbour et Kaolack).

A l’entrée de la réserve, obligation de prendre un guide du parc. Par bonheur, la demoiselle grimpe avec nous à l’arrière du véhicule. Soulagement car bien d’autres sont en partance dans des camions façon 4 x 4 (véhicules officiels de la réserve d’une vingtaine de place, pas le meilleur moyen d’aller à la rencontre de la faune)

D’une superficie de 1000 hectares, cette réserve plonge au cœur de la forêt africaine des Grands Baobabs et des acacias rouge sang !!! (Ils sont tellement attaqués et rongés par les termites qu’ils ont perdus leur coloris naturel)

35 km de pistes : Girafes, un couple de Rhinos blancs (que nous n’avons pas découvert …c’est qu’il se planque avec raison vu l’incessant ballet des véhicules!), phacos, singes verts, chacals, tortues géantes, crocos (une quinzaine), buffles africains et d’Asie, antilopes Roanne, élands du Cap, impalas …
Une grande variété d’oiseaux aussi : Petit Calao à bec rouge, merle métallique, martin chasseur, pic bœufs, hérons cendrés …

La réserve a une trop petite superficie, pour le nombre de véhicules qui y circulent. Ce n’est plus aller à la découverte naturelle des animaux … C’est réellement les pister et cette façon d’approcher la faune m’indispose et je regrette d’être dans un véhicule qui s’ajoute déjà à la longue liste de ceux qui y sillonnent.  Triste

On est bien loin ici de Timbavati (Afrique du Sud) ou seuls les bruits de la nature faisait écho à notre silence. Ici virevolte surtout la poussière des pistes après les passages des pneus des 4 x 4.

Je regrette …d’avoir participé à cette perturbation supplémentaire de cet écosystème.

La nature reste cependant belle pourtant …Et point positif tout de même, ici pas d’épidémie de Tuberculose bovine. Ouffff !

Le reste de la journée se poursuivra au calme, nous redonnant le sourire avec ces rencontres multiples du bord de mer …Plein de gens nous connaissent alors que nous ne les avons pas encore rencontré …C’est que le tam tam au cœur du village de Sally fonctionne à la vitesse, grand V …Pas besoin de détailler quoi que ce soit, ils savent déjà tant et tant sur nous …

J’ai troqué mes bouts pour mes sempiternelles tongs …Après la chaleur du sable, c’est celle de la terre rouge qui s’infiltre entre mes orteils …Ah ! une pierre pour Amica et hop dans la "popoche".

Ce soir … on écoutera Xalaat qui nous emportera une nouvelle fois dans un voyage musical africain ... Décidément trop court ce séjour, il ne reste déjà plus que 2 jours.
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« Répondre #6 le: 05 Avril 2006 à 18:48:28 »

Le jour se lève à peine …Que j’enfile mon boubou, ma paire de tongs direction la plage à la recherche de ces fameux coquillages …Une fois de plus, j’ai beau écarquiller mes chtites mirettes …Pas l’ombre de ce beau rose nacré (et dire que le 1er jour …ça foisonnait). Qu’à cela ne tienne je piocherais dans ceux que j’ai déjà trouvé pour en remettre aux autres.

La plage est quasi désertique, le calme qui y règne est apaisant et je peux observer la course folle de ces petits crabes presque translucides.

9h00 : On retrouve Sidy avec qui nous avions découvert le lac Rose au début de notre séjour. Du haut de ses 2m et avec l’élégance qui le caractérise, il nous propose de grimper dans sa « voiture présidentielle » déglinguée à souhait. Le pare-brise n’échappe pas à la règle …plus la fêlure est grande et plus le véhicule à du vécu ! La radio casette crachote le dernier concert de Youssou N’Dour à Bercy …

Nous voilà en route pour l’île aux coquillages …

Découverte de Joal (village de naissance de l’ancien président Léopold Senghor) et de son tt petit « lac Rose » …Le soleil lui donne encore plus d’éclat que le grand mais sa beauté s’étiole face aux fortes odeurs de rance qu’il dégage ! Mazette ! Il fait tellement chaud que l’on préfère tt de même garder les fenêtres ouvertes et s’auto resserrer les narines instinctivement ! Cool

Une multitude de pastèques jonchent le sol, prêtes à la vente … Entre 2 étales, les charrettes, tirées par des ânes, chargées d’hommes et de foin évanouissent leurs couleurs dans leur course folle.

On se parque face au village de Fadiout.

Sidy, préférant flâner à l’ombre d’un baobab, nous présente Pierre. Cet habitant de Fadiout est d’une richesse humaine extraordinaire … Avide d’apprendre sur nous et de nous communiquer tous les us et coutumes de son village. Encore une belle rencontre, le nom et le visage d’un homme que nous ne pourrons pas oublier.

Découverte d’un artisan local, fabriquant de Djembé et de la devanture de sa boutique « percuissionante », avant d’embarquer dans une pirogue pour rejoindre l’île de Fadiout.

Le village est également relié à la terre ferme (ainsi que le cimetière) par deux passerelles (les nouvelles seront terminées pour le 1.11 afin de permettre aux habitants de se rendre au cimetière pour y fêter la toussaint).

A Joal-Fadiout, chrétiens et musulmans vivent en parfaite harmonie et cela dégage une atmosphère pleine de sérénité.

La pirogue vacille par moment et l’opération de la mise à pied sur la terre ferme, est par endroits un peu délicate … Qui c’est qui tombera le premier ! hé hé !  Tire la langue

Premier arrêt : le cimetière où toutes les tombes sont faites de coquillages.
L’île de Fadiout s’est constituée sur des amoncellements de coquilles d’huîtres et de palourdes, déposées là au fil des siècles.
Il règne ici une quiétude sans pareil …

Chevaux et charrettes s’activent dans un incessant ballet, traversant la mangrove en direction des champs.

Plus loin, une multitude de greniers à mil sur pilotis …Le paysage est époustouflant. On restera bien une heure à s’imprégner de toutes ces beautés. Ces greniers furent construits au cœur de la lagune, à la suite d’un terrible incendie qui a ravagé l’île de Fadiout, détruisant par la même occasion toutes les réserves de nourritures stockées par les villageois. Bien qu’actuellement ils ne sont plus utilisés …chaque famille conserve son ou ses greniers …Au cas où feu et rats mettrait à nouveau en péril ceux du village.

Un accostage délicat encore une fois et une petite visite aux artisans des greniers sur pilotis … Les noms de ces cabanons, nous font rire aux éclats, 1m2 et ça devient fièrement un « Auchan local ». Nous avions promis à Pierre de lui acheter des coquillages (de plus une partie de la somme sera reversée à la communauté du village), nous résistons donc à l’assaut de la vente et aux demandes de trocs de caquettes ou de montres !

C’est l’heure de midi et on embarque quelques vendeurs dans la pirogue, direction le cimetière duquel nous rejoindrons le cœur du village en empruntant la passerelle.

Ce n’est qu’une fois le pied bien posé sur le sol que j’apprendrais qu’une de mes charmantes copines (une belle araignée velue) fut ma compagne de voyage. Connaissant ma phobie, je remercie JP de ne pas m’avoir divulgué la précieuse information pendant toute la durée de la navigation.  Choqué

On se perdra dans ses nombreuses ruelles aux coquillages blanc éclatant.

Discutant avec les villageois, découvrant le camembert local (sorte de mollusque séché) ,nous rafraîchissant à l’Escale : buis buis du coin.

Ici le temps n’a plus de prise …On ne se lasse pas de nos discussions, avec Pierre, d’un tas de choses qui animent le monde actuel sans faire l’impasse sur les proches élections aux USA.

Sidy ne nous tiendra pas rigueur pour notre longue escapade, ce fut pour lui l’occasion de retrouver de vieux amis à Joal….

Le retour par Mbour est à nouveau coloré et bruyant …

Au loin on entend l’appel pour le futur pèlerinage à la Mecque. Sidy nous dit qu’il aimerait le faire un jour, plus tard quand il aura acquis la maturité nécessaire …Nous disant dans un grand éclat de rire, qu’actuellement il fait encore bien trop de conneries pour en être digne.

Les flammes s’échappent des touques, les taxis broussent klaxonnent à tout va ! Hommes et femmes s’affairent …L’heure du jeun va bientôt être rompue …le soleil se couche.

Des noms et des rencontres encore …Mama Dupont à qui je règle les derniers CFA que je lui doit, lui laissant par la même occasion mes tongs …

Notre ami, Andala à qui je confie les médicaments qui me restent (je me l’étais promis), il les remettra au dispensaire du village …Sidy qui revient nous voir, une fois la nuit tombée pour nous ramener du beurre de Karité et des petits piments qui arrachent …

C’est avec la sculpture du penseur en bois brut, offerte par Andala que demain nous rejoindrons Dakar ...la ville, la cosmopolite, la bruyante ….dernière touche de la terre de la Teranga avant de nous envoler pour Paris.
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« Répondre #7 le: 07 Avril 2006 à 09:02:17 »

Quel voyage!
... si bien raconté...
J'y suis encore

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« Répondre #8 le: 07 Avril 2006 à 12:41:07 »

Ce voyage, c'est un voyage dans ma jeunesse, dans tous ces lieux que j'ai connus alors. Mais j'avoue les avoir moins bien appréciés que toi, Simba. Peut-être parce que je les connaissais trop bien.
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« Répondre #9 le: 07 Avril 2006 à 15:38:00 »

j'avoue les avoir moins bien appréciés que toi, Simba. Peut-être parce que je les connaissais trop bien.

Probablement.  Clin d'oeil
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« Répondre #10 le: 07 Mars 2007 à 15:20:48 »

Oui Simba, j'ai lu avec grand intérêt ton superbe récit de voyage au Sénégal !  J'aime Grâce à toi et à toutes tes informations, j'ai revécu notre voyage au Sénégal en...1987 ! J'y ai retrouvé le Lac Retba et la récolte du sel (impressionnant), la visite d'une école et aussi d'un petit dispensaire (grande et appréciée distribution de médicaments reçus de mon pharmacien et de mon médecin tout contents de faire leur b.a.) ! Yes
Je ne connais pas la réserve animalière mais par contre, sommes allés à l'île aux coquillages (très beau) et ensuite, la Casamance agricole : quels moments ! Des véritables montagnes d'arachides au bord des route, les paysans dans les champs, les femmes qui pilent le mil et avons même eu la chance d'assister à un mariage ! Inespéré mais inoubliable ! J'aime
Simba, permets-moi de te féliciter de ta façon d'écrire. J'y suis très sensible car j'aime écrire (S'aviez deviné ?)...  J'aime Tu as beaucoup d'humour et tu t'exprimes avec du coeur !  J'aime
Un détail m'a frappé : moi aussi, j'ai récolté de la belle terre rouge de Tsavo et d'autres endroits du Kenya ! Elle est conservée précieusement dans de petites bouteilles qui trônent sur la table du salon ! Yes
Merci pour ce partage !
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« Répondre #11 le: 07 Mars 2007 à 18:17:52 »

Je ne connais pas le Sénégal mais ça donne envie ! tu donnes envie... merci !
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« Répondre #12 le: 07 Mars 2007 à 19:24:13 »

Je ne vous cacherais avoir pensé pdt 3 secondes " Il délire le forum, ou alors j'ai dormi pendant un mois  Grimaçant Grimaçant car Simba ne peut pas avoir posté un truc le 5 avril puisqu'on est le 7 mars ... Puis j'ai vu l'année !!!  Choqué  Clin d'oeil Grimaçant Grimaçant
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Patrick.
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dric
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« Répondre #13 le: 07 Mars 2007 à 19:29:06 »

 Rire

Joli récit en tout cas, que je n'avais point vu à ce jour.  Yes
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« Répondre #14 le: 08 Mars 2007 à 01:35:59 »

Citation
Simba, permets-moi de te féliciter de ta façon d'écrire. J'y suis très sensible car j'aime écrire (S'aviez deviné ?)...   Tu as beaucoup d'humour et tu t'exprimes avec du coeur !
 

Très touchée vraiment...  Embarrassé Embarrassé
Et je te réciproque le compliment.

D'ailleurs, je sais que Namibird a commencé à mettre en ligne, le sien et j'ai hâte de pouvoir me replonger dans toutes ces expériences de voyage... Le temps m'a malheureusement manqué, ces derniers jours.

Citation
Simba ne peut pas avoir posté un truc le 5 avril puisqu'on est le 7 mars ... Puis j'ai vu l'année
Rire
Hé oui, COW va bientôt fêter sa première année d'existence. Clin d'oeil

Merci à vous, pour cette pause sur ce carnet.
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